Limazinèr, zourné internasional kréol 2001  posté le vendredi 19 décembre 2008 07:47

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Limazinèr, zourné internasional kréol 2001
du 15 au 31 octobre 2001, quatre photos
sur 1 200 panneaux publicitaires 60 x 80 à l’île de la Réunion
Photographies : Thierry Hoareau, Jean Marc Grenier, Caroline, Laurent Zitte
Textes de Francky Lauret et Cristian Floy Jalma exposés sur un panneau 4X3

De l’eau est tombée du ciel depuis le rêve, en 1974, d’un archipel créole réunissant dans un même projet les peuples des mondes créoles, avec leur langue et leur culture. La mer n’a pas effacé les traces de ces conquérants/bâtisseurs sur le sable de "Bannzil", territoire utopique.
Comment imaginer les habitants de cet archipel créole en devenir? Parle-t-on d’une culture créole ou de cultures créoles? Créolité, réunionnité, ou les deux ? « Ne peut-on pas parler en français et penser en créole, ou inversement ? Ne peut-on français penser et créole parler? » *  Comment les artistes et les poètes s’inscrivent-t-ils dans ce "bâtissage" ?
L’utopie est en marche et avance à coup de questions…

Kombien dolo, lo sièl la fine largé dopi rèvla, dan lané 1974. Met ansanm dann in mèm lidé tout bann pèp kréol sanm zot lang, zot kiltir. La mèr la pankor éfas lo bann tras marké si lo sab "Bannzil", peï maziné par détroi maronèr/déboutér.
Koman domoun so banzil là va viv domin ? Néna inn mèm sinonsa bonpé kiltir kréol ? « Nou lé kréol ? Nou lé Réyoné ? sinonsa lé dé ? Mazine an kréol, koz an fransé sinonsa mazine an fransé koz an kréol, y giny sa ? » *  Parkoman bann zartis, bann poèt y trouv in plas dann "batisaz" là ? Mazinaz là finn

Patricia de Bollivier, 2001


en partenariat avec
Caféine, Graphica, Savignan Photo, Clg affichage, Labo Pix
et le soutien de la Ville de Saint-Denis, le Département Réunion,
la Région Réunion, la Drac Réunion

Remerciements : Dominique Carrère, Emmanuel Souffrin, Lionel Pannetier, Nathalie Natiembé
Graphisme : Kamboo
Coordination artistique : Patricia de Bollivier et Antoine Merveilleux du Vignaux

lien permanent

Limaziner, images d’une ville dans la ville, textes et in-situ  posté le jeudi 18 décembre 2008 14:40

Blog de limaziner :Limazinèr, Limaziner, images d’une ville dans la ville, textes et in-situ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LIMAZINER, IMAGES D’UNE VILLE DANS LA VILLE

Le mouvement d’expansion démographique qui caractérise la ville de Saint-Denis depuis la fin des années 1960 et l’insuffisance du parc immobilier ont donné lieu à une politique du logement favorisant la construction de kartyé (La Source, Camélias, Le Chaudron, Prima….) ou l’urbanisation d’anciens villages comme Sainte-Clotilde et Le Moufia. Ce développement a engendré un nouvel espace permettant le frottement des diversités et des différences.


La ville pose la question du partage de l'espace, de sa construction, de sa gestion, de la responsabilité des uns par rapport aux autres, de la parole.

Elle est constituée d’un espace physique, concret, visible. Cet espace est le lieu d’une relation entre, d’une part, la statique des immeubles, du mobilier urbain, de la configuration géographique et des plans, et, d’autre part, les flux urbains, les échanges et les mouvements constants des foules et des véhicules à travers les rues. Dans cette twal rapiesté (1), dont les rues et les krwazé dessinent la trame, s’instaure un jeu entre l’ordre et le rythme, entre le mouvement et la fixité…
La cité se définit également par un espace invisible, celui des significations et des valeurs communes, le lieu abstrait de formation des opinions et des volontés politiques.

La ville est aussi un objet perçu. Si la ville semble stable dans ses grandes lignes, changeante et mouvante dans ses détails (telle que l’habitant la vit au quotidien), la lisibilité semble cruciale pour la conception d’une ville (2) . Comme l’explique Raymond Ledrut,  la ville n’est pas seulement le lieu où l’on habite, c’est surtout celui où l’on est confronté aux phénomènes urbains. Cette confrontation par les sens, que l’on nomme « l’expérience urbaine », unit les citadins dans une sorte de citoyenneté urbaine, de communauté.

Si, la question du centre est fondamentale dans la conception traditionnelle de la ville, le développement de notre chef-lieu a rendu incertaine la notion de centralité urbaine. Ce noyau historique à partir duquel la ville se déploie (et qui peut être lu comme une trame que viennent marquer des repères symboliques matérialisés par des monuments, des églises, des places publiques, des institutions…) a laissé la place à un « territoire multi-nodal », où la ville se découpe en secteurs, kartyé, territoires et zones « qui paraissent par leurs dimensions ou la spécificité de leur population plus adéquats pour réunir les gens »(3).
Dans les interstices de ce nouveau tissu urbain, des « non-lieux » prolifèrent : friches industrielles, parkings désaffectés, terrains vagues, ravines… Pierre Mahay (4) les appelle des « lieux de l’entre-deux », les « lisières » de la ville : « ni prairie ni forêt, en limite, ce sont les lieux où se côtoient les êtres vivants de la prairie et de la forêt » .

Les questions qui se posent, dans une perspective de développement urbain, sont comment transformer ces « non-lieux » en sites identifiables et appropriables par la population ? De quelle manière conforter, faire naître, ou réactiver le sentiment d’appartenance à un territoire et à une communauté urbaine ?

Les photographes François Louis Athénas, Jean Noël Enilorac, Ibrahim Mulin, René-Paul Savignan, Jean-Marc Grenier, Frédéric Pothin, Laurent Zitte… ont promené leur regard sur un « corps urbain » que l’on ne voit plus, interrogé les « entre-deux » et les lisières, dans un « voyaz en ville » (5)  en forme de redécouverte permanente. La ville des créateurs devient un terrain d’expérimentation, un élément vivant avec lequel s’établit un dialogue. Les photographes ont questionné l’espace, les gens, la manière dont ces derniers vivent leur territoire.
Les images recueillies par les photographes ont ensuite habité d’immenses panneaux judicieusement placés dans les quartiers de Saint-Denis. Loin des clichés habituels (le Jardin de l’Etat, le Chaudron…), ces photographies proposent un regard en plan serré sur des lieux oubliés, déposés aux frontières du banal… Pas beaucoup de personnages dans cette représentation que marquent des repères naturels, l’architecture, et qu’habillent les végétaux… la tour des pompiers, le cap Bernard, l’immeuble Futura, le Barachois, la Rivière Saint-Denis…
Leur répondent, dans le temps et dans l’espace, les deux photographies anciennes de Saint-Denis, signées par André Blay. Elle nous parlent, dans un langage encore vivace, des utopies qui ont guidé l’ancrage des hommes sur ce bout de terre : la conquête du territoire, le déplacement, l’ouverture sur le monde, la lutte contre les éléments…
Si ces utopies sont en partie réalisées, le paradoxe de la ville est là, et tient tout entier dans la solitude et l’anonymat qu’expriment ces images… « Si les immenses distances qui séparaient jadis les continents se sont rétrécies, un gouffre peut se creuser entre deux quartiers ou deux étages d’immeubles ; les moyens de communication permettent une instantanéité absolue, mais il faudra des années pour connaître le visage de son voisin »(6) .

Ces représentations de leur ville offertes aux habitants peuvent désormais être constitutives de l’image qu’ils s’en font et deviennent partie prenante de la construction d’un socle de significations et d’expériences communes.


Patricia de Bollivier
Sept.2003/Janv.2004

(1)  ou tapis mendiant : couverture fabriquée avec des chutes de tissus de forme, de texture et de couleurs divers.
(2) La lisibilité est « une condition fondamentale de l’assimilation de l’environnement, de la formation d’une image à travers laquelle s’organisent les conduites de relations avec le milieu spatial ». Raymond Ledrut, « Les images de la ville », Anthropos, Paris, 1973.
(3) Pierre Mahay, architecte-urbaniste, « Aux lisières de la ville », dans Akoz n° 6, p.21.

(4) Pierre Mahay, id.

(5) « Voyaz en ville » est l’intitulé d’un des projets artistiques de Lerka. Cf Lerka, projet global.
(6) Nicolas Bourriaud, « Topo critique : l’art contemporain et l’investigation géographique », in GNS, global Navigation System, Palais de Tokyo,  éd. Cercle d’art, 2003

 

LES LIEUX : LA FAUSSE NEUTRALITE DE LA FRICHE
 
L'une des difficultés majeures que rencontrent certains groupes ou certains individus « enville » est qu'une partie de leur "assise" est -ou a été- qualifiée de "hors lieu" ou de "non lieu" par une partie de la population et par l'idéologie qui a accompagné le développement urbain.

Ce sont des territoires entiers qui ont été gommés par l'urbanisation ou par de nouveaux aménagements. Ces espaces a-ménagés, ou a-historiques, ont toutefois continué d'exister dans la répétition de divers actes d'appropriation et d'usages qui forgent leur effectivité.
Ceux-là peuvent être des friches où le cultuel et le culturel sont étroitement mêlés. Ce sont des lieux de « lalangue » qui constituent aujourd'hui les repères et le véritable liant social pour l'ensemble de la population.

Cet espace complexe bâtit un échafaudage socio-historique que l'on pourrait nommer un "espace sans légitimité".
 
Déchiffer la friche
Dans ce contexte, l'intervention artistique transcrit une remise en évidence comme une remise en cause. Elle met sur la place publique d'autres formes de vie dans des espaces où la sociabilité était apparemment inexistante. Entrées d'immeubles et terrains en friches révèlent brutalement leur fonctionnalité et leur sociabilité, comme leur dégradation.

Cette forme d'intervention liant Création et Territoire permet donc de réfléchir à l'effet du détournement des espaces urbains ou ruraux qui se produit : tel espace rural autrefois planté de cannes est aujourd'hui un bâtiment censé se transformer en supermarché et un monticule odorant se transformera en espace public de loisirs.

Des recherches récentes ont confirmé que l'intervention de l'art et de la culture renouvelle la façon non seulement d'analyser et de gérer mais aussi de vivre les espaces urbains. L'intervention sur les espaces peut provoquer un détournement du décor quotidien et oblige à s'interroger sur la capacité de recyclage des lieux et des pratiques (1).

Le lieu de celui qui en use
A La Réunion, la pression démographique et la croissance touristique sont deux des causes et des raisons pour faire vivre des lieux et de les détourner de leur usage quotidien.

Quelle capacité a la ville réunionnaise pour "recycler" des lieux et des pratiques ? Les actions engagées posent la question des contraintes et blocages qui surgissent lorsque l'on veut par la construction (ou par l'occupation) d'espaces délaissés, définir des centralités nouvelles.

Ces interventions-détournements sur panneaux publicitaires permettent de repenser la fréquence de la naissance des lieux, elles « retournent » la lecture.
Ces lieux dits urbains sont détournés par des pratiquants pour qu’ils redeviennent des espaces-friches, des lieux où les possibles appropriations sauvages sont encore possibles.

Le lieu est un rythme et une expression de la culture de celui qui en use.  La construction d’un territoire est à la fois une affaire de vivants et d'absents. Ce lieu s’oppose au périmètre cartographié et aux frontières quasi closes des délimitations des quartiers. Il est le support d’une identité culturelle rivée au lieu de vie physique. 

Les perspectives qu'ouvre cette interpellation du culturel dans le social resituent la reconnaissance de la confusion des éléments qui semblent composer le territoire. Les thèmes du logement, de l'emploi, du culturel, du religieux, apparaissent au travers les travaux des producteurs d’images photographiques comme liés les uns aux autres mais surtout imbriqués les uns dans les autres.


Emmanuel Souffrin, 2004

 

(1) (A. Huet, P. Chaudoir et S. Ostrowetsky ? Cf. les diverses publications parues dans Annales de la Recherche urbaine, n°70, Lieux Culturels, mars 1996)

lien permanent

Limaziner, images d’une ville dans la ville  posté le jeudi 18 décembre 2008 14:05

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Limaziner, images d’une ville dans la ville
du 12 novembre au 12 décembre 2003
16 photos sur 8 panneaux d’affichages grand format 4X3

Photographies de

François-Louis Athénas
André Blay
Jean-Noel Enilorac
Jean-Marc Grenier
Ibrahim Mulin
Frédéric Pothin
René-Paul Savignan
Laurent Zitte

 

La place de l’art EST dans la ville, dans l’espace public, au cœur de la vie de la cité et dans les foyers, pour le plus grand nombre.

Nous avons confier à des photographes, la réalisation d'une mission d'exploration sur le territoire de la ville de Saint Denis avec comme objectifs artistiques :
révéler l'émergence de frontières symboliques nouvelles, enregistrer et traduire une identité urbaine en devenir, valoriser un patrimoine au présent.

Remerciements à : David César, Jean-Marc Grenier, Thierry Hoarau, Karl Kugel, Jean Barbier, conservateur du musée de Villèle et au Bureau du Plan de Saint-Denis.
Avec la participation de Kwélafé.com
Impression des affiches : Labo Pix
Affichage : Clg affichage
Textes : Patricia de Bollivier, Emmanuel Souffrin
Consulteur : Julien « Doc(k)s » Blaine
Photos des panneaux « in-situ » : Jérome Picard
Suivi artistique et administratif : Isabelle D’Ziré
Conception et coordination : Antoine du Vignaux



Commande de la Ville de Saint-Denis,
Avec le soutien du Conseil Général de la Réunion, de la Région Réunion, de la Drac Réunion.

lien permanent

Limazinèr, libre! lib?  posté le jeudi 18 décembre 2008 11:11

Blog de limaziner :Limazinèr, Limazinèr, libre! lib?
lien permanent

Limazinèr, libre!  posté le jeudi 18 décembre 2008 11:06

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette action artistique s’insère dans le cadre des fêtes du 20 désanm organisées par la Ville de Saint Denis.

Elle s’articule autour d’un mot, libre, dont le sens varie en fonction des caractères typographiques qui l’accompagne.

Il deviendra ainsi question, interrogation, exclamation, parenthèse…

L’objectif de cette action est d’inviter les passants à une réflexion sur le sens d’un des mots-symbole de notre culture commune.

3 supports de diffusion complémentaires sont utilisés pour cette action :

10 affiches installées sur des panneaux 4X3 répartis sur le territore de la Ville, du 16 au 23 décembre 2003,

4 séries de cartes postales diffusées jusqu’à la fin du mois de décembre dans des commerces par le réseau Flash Cards et sur le parcours du défilé du 20 désanm à Saint Denis,

1 char proposant 4 affiches géantes pour le cortège du 20 désanm.


Limazinèr, libre !

Remerciements : Clg affichage, Flash Cards, Jean-Pierre Clain
Graphisme : Elza Lauret
Suivi administratif – médiation culturelle : Elza Désiré
Conception : Julien Blaine & Antoine Merveilleux du Vignaux

lien permanent
|

ouvrir la barre
fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à limaziner

Vous devez être connecté pour ajouter limaziner à vos amis

 
Créer un blog